1. Undifferentiated germinal epithelium was isolated following trypsinization from embryonic duck gonads of 5 to 7 days of incubation. This epithelium was associated with ovarian and testicular medullae taken from sexually differentiated embryos.

  2. Ovarian cortex differentiates from female germinal epithelium of 5 days, whatever the source of the medullary tissue with which it is associated (Plate 1, fig. 3; Plate 2, figs. 5, 6,a, b, c). In control experiments the female epithelium undergoes similar development in the presence of mesonephros (Plate 2, fig. 5).

  3. Five-to seven-day male germinal epithelium is influenced by tissues with which it is in contact. In the presence of testicular medulla it gives rise to male medullary cords (Plate 1, fig. 4). In the presence of ovarian medulla, ovarian cortex differentiates (Plate 3, figs. 7 a, b, c). When in contact with mesonephros no differentiation of the male epithelium ensues. These results are particularly clear in the case of germinal epithelia explanted between 5 and 6 days of incubation.

Dans un travail antérieur en collaboration avec Wolff (1959), nous avions étudié le comportement, en culture in vitro, de l’épithélium germinatif isolé des gonades embryonnaires de Canard. Nous avions montré que l’épithélium germinatif est orienté vers la différenciation mâle et femelle, au stade où s’ébauche la différenciation sexuelle dans l’embryon. Cultivé à l’état isolé, il donne naissance, chez le mâle, à des cordons médullaires qui évoluent en cordons testiculaires. Chez la femelle, il évolue en un cortex ovarien très épais qui entoure des nids à ovogonies. Par conséquent, à lui seul, l’épithélium germinatif donne des formations analogues à celles que développe une gonade entière pourvue de sa médullaire.

Par contre, si l’épithélium germinatif est prélevé à un stade antérieur à la différenciation sexuelle, il se montre incapable de se différencier, quel que soit son sexe. La médullaire paraît donc nécessaire aux jeunes stades du développement pour assurer la différenciation sexuelle normale.

Ce résultat nous a amené à éprouver l’action de la médullaire sur l’épithélium germinatif et à poser la question suivante: en présence d’une médullaire de sexe opposé, l’épithélium germinatif se différencie-t-il suivant son sexe génétique ou suivant celui de la médullaire?

Nous exposons ici les résultats de deux séries expérimentales: 1) l’association d’épithélium germinatif indifférencié et de médullaire femelle, et 2) l’association d’épithélium germinatif indifférencié et de médullaire mâle.

L’épithélium germinatif a été prélevé sur les glandes génitales gauches d’embryons de Canard âgés de 5 à 9 jours d’incubation (stades 17 à 21 de Koecke).

Les médullaires ont été prélevées sur les glandes génitales gauches et droites d’embryons de Canard et de Poulet âgés de 9 à 13 jours d’incubation. Nous nous sommes adressés aux races Khaki Campbell et Leghorn ‘blanche’.

Culture in vitro et préparation des associations

Les associations ont été cultivées in vitro pendant 5 à 7 jours selon la méthode de culture en milieu standard que nous avons mise au point avec Wolff en 1952. Le sexe génétique de l’épithélium germinatif, prélevé au stade de l’indifférence sexuelle, est révélé par la différenciation de la gonade droite que l’on cultive séparément.

La séparation du constituant cortical ou médullaire d’une gonade est faite au moyen de la technique à la trypsine diluée, élaborée par Moscona (1952).

Les gonades sont prélevées en même temps que le mésonéphros auquel elles adhèrent. L’ensemble mésonéphros–gonade est immergé dans une solution de trypsine Difco 1:250 à 2 pour cent dans du liquide de Tyrode, pendant 5 à 15 minutes à 38° C. Après lavage au liquide de Tyrode, il est transporté sur un fond de cire noire. Le mésonéphros est maintenu en place au moyen de fines épingles. On détache l’épithélium de la médullaire à l’aide d’un microscalpel ou d’une aiguille de verre. La ténuité des gonades de 5 à 7 jours rend l’isolement de l’épithélium germinatif plus difficile, de sorte que dans la plupart des expériences, l’épithélium explanté est réduit aux ou aux de sa longueur.

L’épithélium germinatif d’une gonade est mis en contact intime avec la médullaire d’une autre gonade, à la surface du milieu de culture. La médullaire est découpée en plusieurs fragments afin d’entourer complètement l’épithélium. Dans les expériences témoins les médullaires sont remplacées par des fragments de mésonéphros.

Technique histologique

Pour l’étude histologique, les expiants, inclus à la paraffine, sont coupés à 5 μ et colorés à l’hématoxyline de Groat.

Les 62 expériences réalisées dans cette série ont donné les combinaisons suivantes : 35 associations d’épithélium germinatif mâle et de médullaire femelle et 27 associations d’épithélium germinatif femelle et de médullaire femelle.

Évolution morphologique des associations

Dans toutes les associations on peut suivre l’évolution morphologique caractéristique des deux constituants en présence. L’épithélium germinatif, au centre, s’élargit et devient translucide; les fragments de médullaire ovarienne qui l’entourent se soudent intimement à l’épithélium et entre eux; leur aspect est opaque et granuleux (Planche 1, fig. 1a et b). La médullaire de Canard subit une régression importante, identique à celle que l’on observe dans l’ovaire et la gonade droite ♀ de Canard, cultivés in vitro (1952c). Après 5 jours de culture, il ne reste souvent plus d’elle que de très petits nodules d’aspect granuleux, soudés à l’épithélium germinatif devenu translucide (Planche 1, fig. 1a).

Structure histologique des associations

Médullaires femelles

A l’examen des coupes histologiques, on reconnaît aisément les médullaires femelles à leur structure caractéristique, déjà décrites dans des publications antérieures (Wolff & Haffen, 1952 a, b, c, d). La médullaire femelle de Canard est constituée d’un réseau conjonctif lâche, contenant des lacunes (Planche 3, fig. 1a). La médullaire femelle de Poulet, qui ne subit pas de régression en culture in vitro, est formée de cordons plus ou moins testiculaires serrés les uns contre les autres (Planche 2, fig. 6 a).

Épithélium germinatif

Épithélium germinatif femelle. Les épithéliums génétiquement femelles, isolés de gonades indifférenciées de 5 à 7 jours d’incubation (Planche 1, fig. 2), évoluent au contact de médullaires femelles, en cortex ovariens typiques (Tableau la). Nous avons déjà décrit cette structure dans un travail antérieur (Wolff & Haffen, 1959). Nous la rappelons brièvement. Le cortex est formé d’un assemblage de lames épithéliales repliées sur elles-mêmes qui finissent presque toujours par former des cordons. Chacun de ces cordons ou lames comprend plusieurs assises de hautes cellules étroites et prismatiques à noyaux orientés perpendiculairement à la membrane basale. Les cellules germinales, nombreuses, sont intercalées entre les cellules épithéliales ou groupées en îlots (Planche 2, figs. 6 a, b et c).

TABLEAU 1a

Associations de médullaire ovarienne de Canard et de Poulet (9 à 13 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif femelle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)

Associations de médullaire ovarienne de Canard et de Poulet (9 à 13 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif femelle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)
Associations de médullaire ovarienne de Canard et de Poulet (9 à 13 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif femelle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)

Le fait que, dans les séries témoins, l’épithélium femelle évolue au contact de mésonéphros, de la même manière qu’au contact de médullaire femelle (Tableau 1b; Planche 2, fig. 5), nous amène à penser que l’orientation de l’épithélium germinatif vers la différenciation femelle se situe à un stade plus précoce que celui que nous avions déterminé dans un précédent travail (Wolff & Haffen, 1959). L’épithélium germinatif est déjà déterminé à 5 jours d’incubation. Nous confirmerons d’ailleurs ce résultat au chapitre où nous exposerons les résultats d’associations d’épithélium germinatif femelle et de médullaire mâle(pp. 420–1). s’est développé en un véritable cortex dont la structure est identique à celle d’un cortex ovarien (Planche 3, figs. 7 a, b, c). Par conséquent nous pouvons répondre par l’affirmative à la question posée au début du travail, au moins en ce qui concerne l’épithélium mâle: il se différencie suivant le sexe de la médullaire femelle qu’on lui associe. Il convient d’ajouter à ce résultat que les médullaires femelles de Canard et de Poulet exercent le même effet stimulant malgré leur différence de structure. De plus, aucune différence relative à l’âge ou à la quantité de médullaire femelle en présence n’a pu être mise en évidence ; une médullaire de 9 jours est aussi active qu’une médullaire de 13 jours.

TABLEAU 1b

Associations d’épithélium germinatif femelle de Canard de 5 à 7 jours d’incubation et de mésonéphros

Associations d’épithélium germinatif femelle de Canard de 5 à 7 jours d’incubation et de mésonéphros
Associations d’épithélium germinatif femelle de Canard de 5 à 7 jours d’incubation et de mésonéphros

Cependant, dans dix cas, l’influence de la médullaire s’est peu ou ne s’est pas manifestée. En effet, 6 épithéliums ne se sont pas différenciés, 4 se sont développés en cortex en même temps qu’ils ont donné naissance à des cordons médullaires mâles.1 Ces deux derniers résultats rappellent ceux que l’on obtient en associant l’épithélium germinatif à du mésonéphros: explanté au contact d’un tissu neutre, non sexué, l’épithélium mâle évolue soit en un organe constitué d’une médullaire testiculaire, entourée d’un épithélium plus ou moins aplati, soit en un organe de structure uniforme, mais confuse, où aucune différenciation nettement épithéliale ou nettement médullaire ne peut être distinguée (Wolff & Haffen, 1959) (Tableau 2b). On remarquera que, dans les associations, la différenciation simultanée de cortex et de médullaire s’observe chez les épithéliums âgés de à 7 jours. Il nous apparaît comme vraisemblable que la médullaire femelle n’a pas, dans ces cas, exercé son effet. Nous pensons que le traitement à la trypsine est à l’origine de l’affaiblissement du pouvoir stimulant de la sécrétion de la médullaire femelle. Mais ces résultats nous amènent aussi à réenvisager la question de la détermination de l’épithélium germinatif mâle. A partir de quel stade l’épithélium germinatif est-il orienté vers la différenciation mâle et jusqu’à quel stade peut-on influencer son évolution normale?

TABLEAU 2a

Associations de médullaire ovarienne de Canard et de Poulet (9 à 13 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif mâle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)

Associations de médullaire ovarienne de Canard et de Poulet (9 à 13 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif mâle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)
Associations de médullaire ovarienne de Canard et de Poulet (9 à 13 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif mâle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)
TABLEAU 2b

Associations d’épithélium germinatif mâle de Canard de 5 à 7 jours d’incubation et de mésonéphros

Associations d’épithélium germinatif mâle de Canard de 5 à 7 jours d’incubation et de mésonéphros
Associations d’épithélium germinatif mâle de Canard de 5 à 7 jours d’incubation et de mésonéphros

Le fait que l’épithélium germinatif mâle de jours d’incubation est capable, dans certains cas, de produire des cordons médullaires malgré la présence d’une médullaire femelle qu’on lui associe, semble indiquer que le stade de jours correspond à celui de son orientation vers la différenciation mâle. Pour répondre à la deuxième partie de la question, les expériences suivantes ont été instituées.

Épithélium germinatif mâle: associations d’épithéliums germinatifs mâles de à 9 jours avec des médullaires femelles de 10 à 11 jours d’incubation

L’épithélium germinatif a été partagé en deux moitiés, dont l’une est associée à de la médullaire femelle, l’autre à du mésonéphros, à titre de témoin (7 cas). Les moitiés d’épithéliums associées à du mésonéphros présentent la structure habituelle : persistance d’une partie de l’épithélium germinatif et différenciation d’une médullaire testiculaire (Planche 3, fig. 8,b). Les moitiés d’épithéliums associées à de la médullaire femelle présentent une structure analogue. La prolifération de cordons testiculaires n’est pas inhibée, mais la zone épithéliale est plus importante et présente les caractéristiques d’un cortex (Planche 3, fig. 8 a). Elle est d’autant plus importante que l’épithélium germinatif est plus jeune. On peut penser qu’au moment où l’épithélium germinatif est orienté vers la différenciation mâle, il est difficile d’enrayer la prolifération de cordons testiculaires. On peut encore agir partiellement sur lui en stimulant les formations corticales et ceci au moins jusqu’à 9 jours d’incubation. Il est toutefois possible, qu’à ce stade, la sécrétion hormonale d’une médullaire femelle soit insuffisante pour arrêter la prolifération de cordons médullaires mâles. Des expériences sont en cours dans lesquelles nous éprouvons l’action d’une hormone sexuelle cristallisée.

Les 43 associations réalisées dans cette série expérimentale ont donné les combinaisons suivantes : 26 couples épithélium germinatif mâle / médullaire mâle et 17 couples épithélium germinatif femelle / médullaire mâle.

Évolution morphologique des associations

L’épithélium germinatif indifférencié est associé à de la médullaire mâle gauche ou à du testicule droit, prélevé sur des embryons après le stade de la différenciation sexuelle. Dans ce type d’associations, on ne voit presque jamais l’épithélium germinatif, quel que soit son sexe, se différencier au sein de la médullaire qui l’entoure. Le testicule, découpé en plusieurs fragments que l’on place autour de l’épithélium germinatif, reforme un organe unique. En se fusionnant, les fragments enrobent complètement l’épithélium germinatif. Celui-ci ne se distingue plus de la masse devenue homogène et translucide.

Structure histologique des associations Médullaire mâle

La médullaire mâle présente la structure caractéristique du testicule. C’est un ensemble dense et homogène de cordons repliés sur eux-mêmes. Les cordons testiculaires de Poulet se distinguent de ceux du Canard par leur calibre plus réduit.

Épithélium germinatif

Épithélium mâle. Nous avons d’abord associé l’épithélium germinatif génétiquement mâle de à 7 jours à du testicule de Canard (Tableau 3). Dans 5 cas sur 8, l’épithélium n’a pas été retrouvé. S’est-il différencié en cordons testiculaires qui se sont confondus avec ceux de la médullaire mâle associée, ou bien a-t-il périclité? Pour répondre à cette question, nous avons remplacé la médullaire mâle de Canard par de la médullaire mâle de Poulet. Dans 8 cas sur 18, l’épithélium germinatif s’est différencié en cordons que l’on distingue bien de ceux du Poulet (Planche 1, fig. 4). L’épithélium germinatif de à 7 jours a donné naissance à des cordons testiculaires (3 cas), celui de 5 à 6 jours à des cordons médullaires (5 cas, voir p. 418, note 1). Étant donné, que l’épithélium germinatif de cet âge ne se développe pas au contact de mésonéphros (Tableau 2b), on peut penser que la médullaire testiculaire exerce une action favorable sur la formation, voire la différenciation de cordons mâles.

Épithélium germinatif femelle. La culture au sein d’une médullaire mâle n’entrave pas la différenciation de l’épithélium germinatif femelle en cortex ovarien (Tableau 4; Planche 1, fig. 3). L’épithélium femelle de 5 jours donne naissance aux mêmes formations corticales, qu’il soit associé à de la médullaire femelle, à du mésonéphros ou à du testicule. Ce résultat apporte la preuve que l’orientation de la différenciation femelle de l’épithélium germinatif est déterminée à 5 jours d’incubation, et qu’on ne peut plus, à ce stade, influencer son développement normal.

TABLEAU 3

Associations de médullaire testiculaire de Canard et de Poulet (9 à 11 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif mâle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)

Associations de médullaire testiculaire de Canard et de Poulet (9 à 11 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif mâle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)
Associations de médullaire testiculaire de Canard et de Poulet (9 à 11 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif mâle de Canard (5 à 7 jours d’incubation)
TABLEAU 4

Associations de médullaire testiculaire de Canard et de Poulet (9 à 11 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif femelle de Canard (5 à 7jours d’incubation)

Associations de médullaire testiculaire de Canard et de Poulet (9 à 11 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif femelle de Canard (5 à 7jours d’incubation)
Associations de médullaire testiculaire de Canard et de Poulet (9 à 11 jours d’incubation) et d’épithélium germinatif femelle de Canard (5 à 7jours d’incubation)

La culture in vitro d’épithélium germinatif indifférencié en présence de médullaire testiculaire, de médullaire ovarienne ou de mésonéphros, a montré que l’épithélium germinatif est orienté vers la différenciation mâle et femelle à un stade précoce du développement embryonnaire. Ce stade est antérieur à celui où se manifeste la différenciation sexuelle dans l’embryon, mais il n’est pas le même dans les deux sexes.

La détermination de l’épithélium germinatif femelle est irrévocable dès 5 jours d’incubation, celle de l’épithélium mâle n’a lieu qu’à partir de 6 jours. De plus cette dernière est labile. On peut orienter la différenciation de l’épithélium mâle dans une direction opposée à la normale, jusqu’à environ 7 jours d’incubation. Au-delà de ce stade, on ne peut plus agir que partiellement sur sa différenciation normale.

Lorsque l’on cultive l’épithélium germinatif mâle de 5 à 6 jours d’incubation au contact de tissu neutre tel que le mésonéphros, il ne se développe pas. Par contre, si on l’associe à une médullaire, il se différencie suivant le sexe de celle-ci. Ainsi, en présence d’une médullaire mâle, il forme des cordons testiculaires ; en présence d’une médullaire femelle, il évolue en cortex ovarien. Il n’est donc pas douteux que la médullaire est nécessaire, aux jeunes stades du développement, pour assurer la différenciation de l’épithélium germinatif mâle.

Il serait intéressant de rechercher le stade auquel l’épithélium germinatif femelle n’est pas encore orienté vers sa différenciation. Jusqu’à présent, il ne nous a pas été possible d’isoler l’épithélium germinatif de gonades de 4 jours d’incubation, mais d’autres expériences sont en cours qui permettront peut-être de résoudre cette question.

La féminisation de l’épithélium germinatif mâle, sous l’influence de la médullaire ovarienne, apporte une preuve supplémentaire de l’action féminisante du composant médullaire des gonades femelles de l’embryon d’Oiseau, qui a déjà été démontrée in vivo et in vitro par différents auteurs (Wolff, 1947; Wolff & Wolff, 1949, 1951; Wolff & Haffen, 1952; Mintz & Wolff, 1952, 1954).

  1. L’épithélium germinatif indifférencié, isolé à la trypsine, de gonades embryonnaires de Canard âgées de 5 à 7 jours d’incubation, a été associé, en culture in vitro, à de la médullaire ovarienne et à de la médullaire testiculaire de gonades, prélevées après le stade de la différenciation sexuelle.

  2. L’épithélium germinatif femelle se développe et se différencie en cortex ovarien dès l’âge de 5 jours, quelle que soit l’origine de la médullaire à laquelleon l’associe (Planche 1, fig. 3 ; Planche 2, figs. 5, 6,a, b, c). Il suit la même évolution en présence de mésonéphros utilisé comme témoin (Planche 2, fig. 5).

  3. L’épithélium germinatif mâle de 5 à 7 jours subit l’influence du tissu avec lequel il est en contact. En présence de médullaire testiculaire, il donne naissance à des cordons médullaires mâles (Planche 1, fig. 4). En présence de médullaire ovarienne, il se différencie en cortex ovarien (Planche 3, figs. 7 a, b, c). En présence de mésonéphros, il ne donne aucune différenciation. Ces résultats sont particulièrement démonstratifs dans le cas d’épithéliums germinatifs, prélevés entre 5 et 6 jours d’incubation.

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Planche 1.

FIG. 1. Associations d’épithélium germinatif de 6 jours et de médullaire ovarienne de 11 jours d’incubation, photographiées après 5 jours de culture, co., cortex; méd. ♀ P et méd. ♀ C, médullaires femelles de Poulet et de Canard.

a, épithélium germinatif ♂ développé en cortex au contact d’une médullaire ♀ de Poulet. La médullaire ♀ de Poulet, non régressée, est opaque et granuleuse. Elle entoure l’épithélium germinatif devenu translucide, × 44.

b, épithélium germinatif ♀ développé en cortex au contact d’une médullaire ♀ de Canard. Cette dernière, considérablement régressée, n’est plus représentée que par quelques petites plages granuleuses, × 69.

FIG. 2. Coupe transversale à travers une gonade indifférenciée de 6 jours d’incubation. Séparation de l’épithélium germinatif et de la médullaire par l’action de la trypsine diluée, é.g., épithélium germinatif; méd. in., médullaire indifférenciée. × 420.

FIG. 3. Détail d’un épithélium germinatif ♀ de 6 jours cultivé au contact d’une médullaire testiculaire de 10 jours d’incubation. Il s’est différencié en cortex ovarien dont la structure est identique à celle d’un épithélium germinatif différencié au contact de mésonéphros ou au contact de médullaire ♀. Durée de culture: 5 jours, co., cortex. × 490.

FIG. 4. Association d’épithélium germinatif ♂ de 6 jours et de testicule droit de Poulet de 9 jours d’incubation. L’épithélium germinatif, en bas, a donné naissance à des cordons testiculaires, qu’entoure un épithélium aplati. Durée de culture: 6 jours, test, d., testicule droit associé; ép. a., épithélium aplati; c. test., cordons testiculaires, × 169.

Planche 1.

FIG. 1. Associations d’épithélium germinatif de 6 jours et de médullaire ovarienne de 11 jours d’incubation, photographiées après 5 jours de culture, co., cortex; méd. ♀ P et méd. ♀ C, médullaires femelles de Poulet et de Canard.

a, épithélium germinatif ♂ développé en cortex au contact d’une médullaire ♀ de Poulet. La médullaire ♀ de Poulet, non régressée, est opaque et granuleuse. Elle entoure l’épithélium germinatif devenu translucide, × 44.

b, épithélium germinatif ♀ développé en cortex au contact d’une médullaire ♀ de Canard. Cette dernière, considérablement régressée, n’est plus représentée que par quelques petites plages granuleuses, × 69.

FIG. 2. Coupe transversale à travers une gonade indifférenciée de 6 jours d’incubation. Séparation de l’épithélium germinatif et de la médullaire par l’action de la trypsine diluée, é.g., épithélium germinatif; méd. in., médullaire indifférenciée. × 420.

FIG. 3. Détail d’un épithélium germinatif ♀ de 6 jours cultivé au contact d’une médullaire testiculaire de 10 jours d’incubation. Il s’est différencié en cortex ovarien dont la structure est identique à celle d’un épithélium germinatif différencié au contact de mésonéphros ou au contact de médullaire ♀. Durée de culture: 5 jours, co., cortex. × 490.

FIG. 4. Association d’épithélium germinatif ♂ de 6 jours et de testicule droit de Poulet de 9 jours d’incubation. L’épithélium germinatif, en bas, a donné naissance à des cordons testiculaires, qu’entoure un épithélium aplati. Durée de culture: 6 jours, test, d., testicule droit associé; ép. a., épithélium aplati; c. test., cordons testiculaires, × 169.

Planche 2.

FIG. 5. Aspect de l’épithélium germinatif ♀ de 512 jours d’incubation, cultivé pendant 4 jours au contact de mésonéphros. 11 s’est différencié en cortex, étalé à la périphérie, replié sur lui-même au centre, co., cortex; méso., mésonéphros, × 169.

FIG. 6. Associations d’épithélium germinatif ♀ de 512 jours et de médullaire ovarienne de Poulet de 10 jours d’incubation. Durée de culture: 5 jours, méd. ♀ P, médullaire femelle de Poulet; co., cortex; c. ép., cordons épithéliaux; ov., ovogonies.

a, vue d’ensemble montrant la fusion intime entre l’épithélium germinatif ♀ différencié en cortex et la médullaire ♀ de Poulet. Cette dernière est formée de petits cordons plus ou moins testiculaires, serrés les uns contre les autres, ×150.

b, c, détails du cortex ovarien différencié à partir de l’épithélium germinatif ♀. Noter la formation de cordons épithéliaux; ils comportent plusieurs assises de hautes cellules étroites et prismatiques. Des ovogonies sont intercalées entre les cellules épithéliales ou groupées en îlots à la base des cordons. ×420.

Planche 2.

FIG. 5. Aspect de l’épithélium germinatif ♀ de 512 jours d’incubation, cultivé pendant 4 jours au contact de mésonéphros. 11 s’est différencié en cortex, étalé à la périphérie, replié sur lui-même au centre, co., cortex; méso., mésonéphros, × 169.

FIG. 6. Associations d’épithélium germinatif ♀ de 512 jours et de médullaire ovarienne de Poulet de 10 jours d’incubation. Durée de culture: 5 jours, méd. ♀ P, médullaire femelle de Poulet; co., cortex; c. ép., cordons épithéliaux; ov., ovogonies.

a, vue d’ensemble montrant la fusion intime entre l’épithélium germinatif ♀ différencié en cortex et la médullaire ♀ de Poulet. Cette dernière est formée de petits cordons plus ou moins testiculaires, serrés les uns contre les autres, ×150.

b, c, détails du cortex ovarien différencié à partir de l’épithélium germinatif ♀. Noter la formation de cordons épithéliaux; ils comportent plusieurs assises de hautes cellules étroites et prismatiques. Des ovogonies sont intercalées entre les cellules épithéliales ou groupées en îlots à la base des cordons. ×420.

Planche 3.

FIG . 7. Associations d’épithélium germinatif ♂ de 6 jours et de médullaire ovarienne de Canard de 11 jours d’incubation. Durée de culture: 5 jours, méd. ♀ C, médullaire femelle de Canard; co., cortex; c. ép., cordons épithéliaux; ov., ovogonies.

a, vue d’ensemble d’une association. L’épithélium germinatif ♂ s’est différencié en cortex ovarien dont la structure est identique à celle d’un cortex différencié à partir d’un épithélium germinatif ♀. La médullaire ♀ de Canard qui l’entoure est en voie de régression, × 150.

b, c, détails montrant la structure du cortex différencié à partir d’un épithélium germinatif ♀ Sa structure est comparable à celle d’un cortex ovarien. Noter la formation de cordons épithéliaux et la présence d’ovogonies. Comparer ces figures avec les figures 6 a, b, c. × 378 et 420.

FIG . 8. Explantation de moitiés d’épithélium germinatif ♀ de 9 jours d’incubation, co., cortex; c. test., cordons testiculaires; méd. ♀ P, médullaire femelle de Poulet; més., mésonéphros.

a, moitié cultivée pendant 5 jours en présence de médullaire ♀ de Poulet de 10 jours d’incubation. Noter la différenciation simultanée de cortex et de cordons testiculaires, × 200.

b, moitié cultivée pendant 5 jours en présence de mésonéphros. Persistance partielle de l’épithélium germinatif à l’état d’assise aplatie. Différenciation de cordons testiculaires, × 240.

Planche 3.

FIG . 7. Associations d’épithélium germinatif ♂ de 6 jours et de médullaire ovarienne de Canard de 11 jours d’incubation. Durée de culture: 5 jours, méd. ♀ C, médullaire femelle de Canard; co., cortex; c. ép., cordons épithéliaux; ov., ovogonies.

a, vue d’ensemble d’une association. L’épithélium germinatif ♂ s’est différencié en cortex ovarien dont la structure est identique à celle d’un cortex différencié à partir d’un épithélium germinatif ♀. La médullaire ♀ de Canard qui l’entoure est en voie de régression, × 150.

b, c, détails montrant la structure du cortex différencié à partir d’un épithélium germinatif ♀ Sa structure est comparable à celle d’un cortex ovarien. Noter la formation de cordons épithéliaux et la présence d’ovogonies. Comparer ces figures avec les figures 6 a, b, c. × 378 et 420.

FIG . 8. Explantation de moitiés d’épithélium germinatif ♀ de 9 jours d’incubation, co., cortex; c. test., cordons testiculaires; méd. ♀ P, médullaire femelle de Poulet; més., mésonéphros.

a, moitié cultivée pendant 5 jours en présence de médullaire ♀ de Poulet de 10 jours d’incubation. Noter la différenciation simultanée de cortex et de cordons testiculaires, × 200.

b, moitié cultivée pendant 5 jours en présence de mésonéphros. Persistance partielle de l’épithélium germinatif à l’état d’assise aplatie. Différenciation de cordons testiculaires, × 240.

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Nous distinguons deux stades dans la différenciation testiculaire: 1) Cordons médullaires: cordons en voie d’organisation. Alignement préfigurant l’épithélium sertolien. Les cordons ainsi constitués sont étroits et peu individualisés. 2) Cordons testiculaires: épithélium sertolien caractéristique doublé d’une membrane basale très nette, formant des cordons élargis.